Mais quoi-t'est-ce donc ?
Accent grave et regard aigu, pour penser le monde à partir des mots. Le dernier vendredi du mois : quelques pépites de langue, de comm et autres réflexions sur les mots de notre époque.
Bienvenue dans cette deuxième édition d’Accent grave (mais pas trop) ! Cette newsletter est pensée avant tout pour les professionnel·les de la comm, mais elle pourra aussi intéresser les curieux et curieuses, les mordu·es de langue française, les "littéraires" au sens très large. Toujours preneuse de vos retours 😉
Or donc, sans plus attendre, au sommaire ce vendredi :
Le mot du mois : analogique
Ce signe de ponctuation que les femmes utilisent plus que les hommes
Apparaître dans les réponses IA : oubliez Wikipédia, misez sur LinkedIn
Plot twist : finalement, continuez à alimenter votre blog d’entreprise
Poétique des noms de listes électorales
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J’ai découvert le mois dernier qu’une des tendances TikTok du moment, c’était le “analog bag”, ou sac analogique en VF : un sac contenant des trucs à faire avec ses 10 doigts, dans le but de décrocher de son smartphone.
Donc par exemple : des sudoku, un carnet pour dessiner, un VRAI LIVRE AVEC DES PAGES, un kit de tricot…
Bref vous l’aurez compris, ce n’est ni plus ni moins qu’un sac lambda des années 1980 à 2000, voire 2010.
(encore que, j’ai vu certaines y glisser une Nintendo Switch, apparemment hyper-efficace pour décrocher du smartphone – ce que je veux bien croire mais à mon avis ce n’est que déplacer le problème)
Et donc évidemment il fallait trouver à ce sac d’une banalité sans nom, un nom ultra cool (et pas du tout intuitif) : ANALOGIQUE, par opposition à numérique. (Si vous ne voyez pas du tout où ça veut en venir, ces termes s’emploient usuellement pour des instruments de mesure ou de communication : horloge analogique (vs. numérique), mais aussi thermomètre, télévision… Je ne vous cache pas que “sac analogique” me laisse pantoise, mais bref.)
Loin de se résumer à quelques activités manuelles, cette mode touche plus largement la GenZ, comme le remarque Camille Gillet sur LinkedIn. C’est le retour des lecteurs K7 et des vinyles, des jeux de société, des appareils photo jetables, mais aussi de la broderie, du tricot, des mandalas.
Bref, une nouvelle aubaine marketing pour nous refourguer des kits de loisirs créatifs et des babioles de papeterie, comme si créer de nouveaux besoins allait résoudre le vrai problème de fond qu’est le stress numérique et la saturation cognitive qui en découle.
En même temps, promouvoir un mode de vie déconnecté sur TikTok… on aurait pu flairer l’entourloupe, non ?
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Lequel est-ce, à votre avis ?
C’est leeeeee…
(suspense insoutenable)
… point d’exclamation !
Ce n’est pas moi qui le dis, mais une étude très sérieuse publiée fin 2025 dans le Journal of Experimental Social Psychology, qui s’appuie sur 5 expériences en psychologie sociale.
Voici (en gros) les résultats :
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